Il y avait de l’émotion, beaucoup d’émotion en ce dimanche final de la Feria d’Istres 2026. Et des hommages, mérités, appuyés. Une tradition à laquelle s’était pliée Istres depuis de nombreuses années. L’occasion de boucler la boucle, en beauté. Car ce dimanche une importante page du grand livre taurin istréen a été tournée.

À Cesar Rincon d’abord, puisque ce festival de clôture avait été monté en son honneur. Acclamé telle la véritable idole qu’il demeure dès son entrée en piste, le maestro colombien a ensuite été honoré par un souvenir lui étant remis sur le sable du Palio, après que les hymnes colombien et français eurent été entonnés à l’issue du paseo.

À Bernard Carbuccia ensuite, après l’arrastre du sixième novillo. Un hommage poignant et un véritable témoignage d’affection et de gratitude envers celui qui aura permis de placer Istres sur la carte du globe taurin, de lui apporter une renommée qui traverse aujourd’hui les frontières de l’Hexagone, pour avoir fait rayonner le Palio grâce à sa créativité et son feeling, en donnant une véritable identité à cette Feria qui lui doit beaucoup, pour ne pas dire tout ! Une standing ovation émouvante et ô combien méritée, suivie d’une sortie sur les épaules, a lo grande ! Enhorabuena.

Une fin heureuse qui, espérons-le, ne ressemble pas à une petite mort pour ces arènes du Palio et cette Feria d’Istres sous le règne de la nouvelle municipalité, dont il semble bien difficile, à l’instant T, de deviner les intentions en matière taurine. Wait and see…

Un festival qui s’est donc soldé par la sortie en triomphe des trois maestros qui, dans l’ensemble, auront offert de véritables bons moments de tauromachie. Les novillos de Jandilla étaient petits et exagérément commodes, nobles, fades le plus souvent mais bons collaborateurs…

Les plus anciens comme les plus jeunes auront pris plaisir à revoir Cesar Rincon cape et muleta en main, et à ressentir cette grande dose d’énergie et d’envie, comme lors de ses plus belles années, comme si le temps, finalement, n’avait que peu d’emprise sur l’âme torera de cet immense maestro. Le diestro colombien brinda à Sebastien Castella une première faena marquée de son sceau. Rincon donna du temps et de l’espace au Jandilla qu’il embarqua remarquablement de la droite avant que celui-ci ne baisse nettement de ton. Une épée portée avec efficacité lui permit de promener une oreille de bienveillance.

L’affaire fut d’un calibre nettement supérieur avec le quatrième, que Rincon salua admirablement avec la percale avant de servir plus tard une importante faena, au son sublime du Concierto de Aranjuez. Celle-ci, majoritairement droitière, à un Jandilla noble et maniable. De la profondeur à droite en baissant la main avec beaucoup de maestria, puis une nouvelle conclusion par lame efficace. Deux oreilles très chaleureusement fêtées.

Comme la veille en ces mêmes lieux, Sebastien Castella fut une nouvelle fois souverain. Le maestro de Béziers – qui dédia son premier combat à Bernard Marsella – offrit deux partitions particulièrement riches. De temple, de finesse et de pouvoir face à deux adversaires qu’il mit à sa main en deux temps trois mouvements. Deux oreilles vinrent récompenser son œuvre face au cinquième, après avoir perdu deux autres trophées pour avoir séché avec la ferraille devant le second.

Juan Leal, quant à lui, a fait le plein ! De trophées, au nombre de quatre (2+2), et surtout de confiance après un début de saison discret. L’Arlésien se mit d’abord en évidence devant le noble troisième, qu’il toréa avec pas mal de douceur avant que l’animal ne baisse nettement de ton. Puis face à l’ultime, le meilleur de l’envoi et honoré d’un tour de piste posthume. Allègre à la cape, Juan Leal se signala muleta en main par une nouvelle faena dense, en courant bien la main avant de réduire considérablement la distance. Un exercice dans lequel il excelle et qui porte toujours considérablement sur les travées.

FICHE TECHNIQUE DU FESTIVAL

Arènes du Palio, Istres. Ciel dégagé et chaleur accablante. Plein. 6 novillos de Jandilla

Présidence : Mr Cervantes

Cavalerie Bonijol. 6 rencontres

Salut des banderilleros José Chacon et Alberto Zayas au 5eme puis de Marco Leal au 6eme

Vuelta au 6e novillo n°33 né en novembre 2022

CESAR RINCON : oreille et deux oreilles

SEBASTIEN CASTELLA : ovation et deux oreilles

JUAN LEAL : deux oreilles et deux oreilles

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