Sous une chaleur toujours aussi accablante sur les rives de l’étang de Berre, les Arènes du Palio affichaient le plein à l’heure des clarines pour cette deuxième corrida de la Feria d’Istres. Une affluence à la hauteur d’un après-midi porté par un Sébastien Castella impérial, régnant en maître absolu des débats.
Car ce fut bien cela : le maître et les élèves.
Six toros de Jandilla, correctement présentés, commodes d’armures et donnant majoritairement du jeu. De plus de présence au cheval les 1, 3 et 4. Tous maniables dans l’ensemble. Retors et avec du genio le 5. Nobles, braves et encastés les 1 et 4, celui-ci supérieur et gracié. Nobles mais limités en transmission le reste de l’envoi.
Dès l’ouverture des hostilités, le Biterrois a imposé sa loi. Face à un bon toro, noble et complet, il a livré une faena d’une rare densité, profonde, sans jamais subir le moindre enganchone. Une œuvre construite avec autorité, liant chaque passe avec intelligence et en donnant du relief à chaque instant. Dans les mains d’un tel torero, le bon Jandilla a pris une dimension supérieure. Castella, souverain, a façonné l’animal de bout en bout avant de conclure d’une épée foudroyante. Deux oreilles indiscutables venaient récompenser une prestation de très haut niveau.
Face à son second adversaire, on allait monter d’un cran. Sébastien Castella a touché à l’essence même de sa tauromachie. Devant toro dont il décela d’emblée le potentiel, et qu’il sut révéler avec une précision d’orfèvre. En le citant de loin, en dictant parfaitement le rythme, il a construit une faena d’intensité croissante, maîtrisée de bout en bout. Une démonstration de science torera. Droite, gauche ca coule de source.
Dans un Palio acquis Castella toréait dans un fauteuil, extrayant toute la substance d’un toro révélant finalement son exceptionnelle condition, gracié sous la pression, du moins l’insistance du torero lui-même. Le mouchoir orange, diversement apprécié, venait sceller un moment fort. Trophées maxima. Mais au-delà de la statistiques, Sebastien Castella a démontré le comment du pourquoi il demeure toujours comme l’un des toreros les plus importants du XXI siècle.
À ses côtés, Diego San Román n’a pas démérité, loin de là, mais a logiquement souffert de la comparaison. Volontaire et engagé, il a construit une première faena appliquée, débutée à genoux, face à un toro noble mais peu à la transmission limitée. Son entrega et sa détermination ont fini par convaincre, lui permettant de couper deux oreilles après une épée efficace, la seconde apparaissant toutefois comme généreuse.
Le contraste fut plus marqué encore face à son second adversaire, un toro plus complexe, exigeant et doté d’un caractère bien trempé. Le Mexicain, courageux, a été débordé par moments et n’a jamais réellement pris la mesure de l’animal. Les difficultés à l’épée, avec une conclusion tardive à l’issue d’une ribambelle de descabellos, sont venues ternir son passage.
De son côté, Marco Pérez poursuit son ascension avec sérieux et des promesses toujours palpables. Face à un premier toro noble mais de durée limitée, il a montré application, technique et sens de la construction, notamment dans les premières tandas. Toutefois, la faena a perdu en intensité par la suite, trouvant un écho plus mesuré sur les gradins. Une oreille, accordée après une bonne épée, venait saluer son effort.
Au sixième, plus limité en force et en transmission, le jeune torero de Salamanque a tenté de poser son toreo avec douceur et temple. Quelques passages gauchers de qualité ont émergé, mais l’ensemble n’a jamais réellement décollé. Handicapé par des échecs à l’épée, il concluait dans le silence.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes du Palio, Istres. Plein. Soleil et canicule. 6 toros de Jandilla
Président : Mr Abid
Poids des toros : 520, 510, 525, 480, 510, 490
Cavalerie Bonijol. 7 rencontres.
Le toro « Sibarito » n°59 né en octobre 2021, negro de 480 kgs, 4eme, a été gracié
Vuelta au 1er toro « Atunero » n°76 né en septembre 2021, negro, de 520 kgs
Saluts des banderilleros José Chacon et Alberto Zayas au 1er, Rafael Gonzalez et Hugo Stievenart au 3eme et Rafael Viotti au 4eme.
Marco Perez a brindé son deuxième toro à Bernard Carbuccia
SEBASTIEN CASTELLA (bleu roi et or) : deux oreilles et deux oreilles et la queue symboliques après avis
DIEGO SAN ROMAN (cigare et or) : deux oreilles après avis et silence après deux avis
MARCO PEREZ (caña, or et remate noir) : oreille après avis et silence après avis



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