Feria d’Istres 2026, première !
Cette soirée marquait bien plus que l’ouverture d’une feria : elle sonnait le début de la dernière page d’un chapitre majeur de l’histoire taurine locale. Après vingt-cinq années à la tête des arènes, l’ère de Bernard Marsella entame ici son crépuscule, laissant derrière elle une trajectoire riche qui aura permis à la cité istréenne de placer son nom en lettres d’or sur l’immensité de la carte taurine.
Pour cette première corrida, l’affiche n’a pourtant pas tenu toutes ses promesses. La faute, en grande partie, à un lot panaché de Zalduendo et de La Purísima – deuxième fer de la famille Baillares – qui a manqué de relief et de fond pour porter la course vers les sommets attendus. Correctement présentés dans l’ensemble, à l’exception du 3e dont le costume avait exagérément rétréci au lavage, commodes, les toros de la famille mexicaine ont offert ce que l’on appelle communément « du jeu », malgré une fadeur souvent palpable. Plus nobles furent les 1er, 5e et 6e. Tous discrets au cheval, à l’exception des 4e et 5e.
Daniel Luque, tout d’abord, a étalé toute sa science et sa maîtrise lors de son premier combat, imposant sa technique avec autorité pour une faena qui rencontra un écho favorable sur les travées. Œuvre que le torero andalou saborda à l’épée.
Daniel Luque pare court le quatrième par le bas puis par parones, avant que « Patilla » ne soit applaudi pour avoir bien capté le Zalduendo au bout de sa hampe. Un astado qui se montrera ensuite sournois et sur la retenue dans la muleta du Sévillan, qui essuya un violent coup de casque sur la poitrine à la conclusion d’une bonne entame muletera. Faena de tanteo, Luque parvenant, par son oficio et sa race torera, à s’imposer avant de conclure d’une entière longue d’effet, libérant une oreille généreuse.
David de Miranda se met la cape en tablier pour réceptionner son premier, long à s’intéresser. Le « Purísima » rentre fort pour une unique rencontre face aux équidés de la maison Bonijol. Entame magistrale par le haut, sans se mouvoir, et poursuite par une faena autoritaire et maîtrisée face à un toro noble mais juste de fond et soso, que le torero de Trigueros garda court dans sa muleta. Ensemble aux émotions limitées, parachevé par des manoletinas al hilo et un estoconazo justifiant probablement l’oreille accordée.
Le quinto semble sorti d’un autre tonneau, un Zalduendo. Le diestro onubense l’accroche dans sa cape et le guide pour cinq véroniques bien ciselées. Une pique, prise en poussant et bien captée par le lancier de service. Dans le dernier tiers, le Zalduendo démarre pied au plancher, libérant une certaine dose de bravoure et de la vibration dans ses charges. De Miranda le contient à gauche, le pousse de la droite. Le toro sort loin et la faena prend corps. Hélas, le Zalduendo va a menos et le torero de Trigueros réduit les distances. Dans un terrain restreint, il excelle, même si l’écho de son œuvre demeure surévalué. Entière en arrière, fulminante. Double récompense, la seconde généreuse.
Quant à Pablo Aguado, il continue, chez moi, d’entretenir le mystère. Capable de fulgurances comme de longues absences, il a alterné ce soir éclairs d’inspiration et passages plus distants. Précieux et précautionneux. Sa première faena, face à un adversaire bien chiche, s’est diluée dans le silence malgré quelques bons moments sur le pitón droit, tandis que le sixième, pourtant le plus intéressant du lot, lui a permis d’esquisser par intermittence les lignes du torero qu’il peut être… sans jamais totalement convaincre. Une oreille promenée tout sourire après une lame discutable.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes du Palio, Istres. Chaleur caniculaire. 3/4 d’arène. Toros de La Purísima (1, 2 et 6) et Zalduendo.
Président : M. Abid
Poids des toros : 511, 530, 501, 540, 520, 535
Cavalerie Bonijol : 6 piques
Salut du banderillero Iván García au 6e.
La ganadería La Purísima se présentait en France en corrida de toros.
DANIEL LUQUE (blanc et azabache) : saluts et oreille après un avis
DAVID DE MIRANDA (vert empire et or) : oreille et deux oreilles
PABLO AGUADO (violet et or) : silence et oreille



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