Il est des disparitions qui laisseront un vide immense, tant elles touchent à l’histoire et à la mémoire collective . Alain Montcouquiol, Nimeño I, s’est éteint aujourd’hui, à l’âge de 81 ans. Avec lui disparaît l’une des grandes figures fondatrices de la tauromachie française, un homme dont le parcours, l’engagement et la personnalité ont profondément marqué plusieurs générations.
Alain Moncquiol fut de ceux qui ont ouvert la voie. Torero à ses débuts, il fut, dès la fin des années 1960, l’un des pionniers du mouvement des toreros français. À une époque où cette aventure était encore à construire, il compta parmi ses premiers artisans et ses plus solides piliers. Il appartient à cette génération qui a contribué à donner à la tauromachie française sa place, son identité et ses premières lettres de noblesse.
Sa vie fut ensuite indissociable de celle de son frère cadet, Christian, devenu Nimeño II. Alain fut à ses côtés dans les heures de gloire comme dans les épreuves les plus douloureuses. Frère, compagnon de route, conseiller et témoin privilégié d’une destinée hors du commun, il partagea avec lui une aventure humaine et taurine dont les pages les plus lumineuses comme les plus dures ont profondément marqué l’histoire de la tauromachie.
Mais réduire Alain Montcouquiol à son parcours de torero ou à son rôle auprès de son frère serait bien trop peu. Au fil des années, il avait également trouvé dans l’écriture un autre territoire d’expression, une manière de prolonger son rapport au monde, à la vie et à la tauromachie. Il y avait construit une œuvre littéraire personnelle, profonde et sincère, qui rencontra un véritable succès. Ses mots portaient quelque chose de rare : de la poésie, de la sensibilité, une grande profondeur d’âme, mais aussi cette bienveillance et cette humanité qui caractérisaient l’homme.
Alain Montcouquiol était de ces personnalités singulières qui n’ont jamais eu besoin de chercher la lumière pour imposer leur présence. Il y avait chez lui un mélange de discrétion et d’aura, une élégance naturelle, une gentillesse et une qualité d’écoute qui laissaient une empreinte durable auprès de ceux qui avaient eu la chance de le rencontrer.
C’est une mémoire vivante, un témoin essentiel de la construction de la tauromachie française, un homme qui aura traversé ses enthousiasmes, ses combats, ses drames et ses évolutions, sans jamais perdre cette profondeur humaine qui faisait toute sa singularité.
Raconter la vie d’Alain Montcouquiol prendrait des heures, des pages et des jours. Tant son existence fut passionnante, engagée, intense, tant elle fut intimement liée à l’une des aventures les plus marquantes de l’histoire taurine française.
Sa disparition laissera un immense vide auprès de sa famille, de ses proches, de ses amis, des aficionados et de tous ceux qui ont croisé sa route. Il manquera profondément au paysage taurin français, auquel il avait tant donné et dont il demeurera, pour longtemps encore, l’une plus grandes consciences. La tauromachie française perd aujourd’hui l’un de ses pionniers et l’un de ses plus beaux passeurs d’histoire. Elle perd surtout un homme rare.
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