La journée taurine organisée par la Peña Javier Cortés à Fourques a connu une belle réussite ce dimanche, notamment avec une assistance courage qui n’a pas été découragée par le froid et le vent glacial qui balayaient les arènes fourquésiennes finalement garnies d’un large trois-quarts d’arène.
A l’issue du paseo un hommage rendu par de chaleureux applaudissements a été observé en mémoire des ganaderos français victimes des récentes intempéries, ainsi qu’en hommage aux nombreuses victimes du terrible accident ferroviaire survenu à Urda.
En piste, les trois becerros de Pages-Mailhan, correctement présentés, ont permis d’apprécier plusieurs séquences intéressantes, sans toutefois donner lieu à de très grands moments, faute le plus souvent, d’opposition.
Le premier exemplaire, doté d’une grande mobilité, de noblesse et surtout d’une belle profondeur dans ses charges, avait de quoi permettre à Lisares de s’exprimer. Le novillero arlésien, après avoir partagé belle competencia aux quites avec Rubén Vara et un tercio de banderilles partagé avec ce dernier, a alterné des séquences correctes avec d’autres plus compliquées, peinant à canaliser les qualités d’un adversaire qui méritait sans doute d’être mieux exploité. De meilleures séquences à droite en fin de parcours à mettre au crédit de l’arlésien, en difficulté ensuite avec l’estoc.
La première oreille de l’après-midi est revenue à Rubén Vara. Le jeune novillero madrilène a démontré un bagage déjà consistant pour son jeune âge, faisant preuve de solidité et d’une appréciable maîtrise des débats. Particulièrement à l’aise aux banderilles, Ruben Vara a su adapter son registre et construire une faena intéressante sur les deux mains face à un animal noble mais de moindre profondeur. Si l’ensemble a parfois manqué de finesse, l’engagement, lui, n’a jamais fait défaut. Une épée légèrement passée lui a néanmoins permis de couper une oreille.
Rogelio Pajuelo hérita d’un jabonero sucio, qui a notamment péché par manque de forces. Un adversaire qui a néanmoins conservé une certaine présence dans le combat et s’est montré parfois compliqué sur certaines charges. Le Sévillan, qui a frôlé plusieurs fois la correctionnelle, a fait preuve de beaucoup de cran et de cœur pour parvenir à extraire le meilleur de son opposant. Ses deux séries de naturelles, données de face, pieds joints, ont constitué les moments les plus aboutis d’une faena inégale, mais relevée par cette remarquable séquence finale. Une épée en arrière, mais efficace, lui permit d’un promener une oreille crânement gagnée.
Après délibération du jury, Rubén Vara a été désigné pour affronter le quatrième becerro, issu cette fois du fer de Barceló. Un joli exemplaire, noble, mais qui a manqué de forces et de transmission. Bien accueilli à la cape, il a ensuite permis une intervention au quite de Lisares avant que Vara ne se charge lui-même du tiers de banderilles, avec brio et alegria.Le Madrilène a livré ensuite une faena inégale dans son tracé comme dans son intensité. Ses meilleurs passages sont survenus sur la main gauche, où il a dessiné quelques naturelles bien ciselées, empreintes de profondeur. Un ensemble qui a toutefois manqué de continuité et de cohérence pour véritablement prendre son envol. Une épée arrière, longue d’effet, l’a privé d’une possible sortie en triomphe.
Désigné triomphateur de cette novillada sans Picador, le jeune Madrilène repart donc de Fourques avec les honneurs d’un après-midi où il aura notamment fait valoir sa solidité, son engagement et ses dispositions aux banderilles.
FICHE TECHNIQUE DE LA NOVILLADA SANS PICADOR
Arènes de Fourques. ¾ d’arène. Ciel dégagé et vent glacial. 3 becerros de Pagès-Mailhan et un Barcelo (4)
Présidence : Mr Serge Reder assisté de Mlle Leroy et Mr Declerck
Les trois novilleros se présentaient à Fourques
Ruben Vara a été désigné novillero triomphateur et récipiendaire du Trophée Javier Cortes
LISARES (blanc et argent) : silence après avis
RUBEN VARA (gris et or) : oreille et vuelta après avis
ROGELIO PAJUELO (aubergine et or) : oreille après avis
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