En véritable mastodonte de l’escalafón, Andrés Roca Rey a marqué de son empreinte la première corrida de la Feria des Vendanges, en ouvrant avec force la Porte des Consuls, sans qu’aucun des trophées accordés ne puisse être contesté.

Auparavant, en milieu de journée, la société Casas & Co annonçait remplacer deux toros d’El Freixo, peu en adéquation avec la catégorie des lieux, ceux-ci étant suppléés par des Victoriano del Río.

Au final, trois Victoriano del Río et un Toros de Cortés (6), de la même maison, bien présentés, correctement armés vers l’avant pour les 1, 2 et 6, lourd comme un plomb le 5 ; tous se montrèrent bravitos sous le fer à la première rencontre — à un degré moindre le 1 — puis, tour à tour : flojo et d’un parcours limité le 1, meilleur sur la corne gauche ; mobile et noble le 2 ; arrêté le 5 ; brave mais avec une dose de genio non négligeable l’ultime.

Puis deux toros de Jandilla (3 et 4), également correctement présentés. Le 3 fut anodin sous le fer puis dura peu dans la muleta d’un Talavante, il est vrai en manque d’inspiration. Le 4, en revanche, fut d’un tout autre calibre : brave sous le fer, notamment à la première rencontre, puis d’une charge inlassable dans le dernier tiers, plongeant avec beaucoup de profondeur et magnifiquement exploité, notamment sur la longue distance. Il fut honoré d’un très juste tour de piste posthume.

Si Andrés Roca Rey avait donné le ton de ses intentions devant son premier Victoriano del Río, dénué de classe mais devant lequel le Péruvien mit déjà le bleu de chauffe, la tarde prit une autre dimension avec le quatrième, du fer de Jandilla. Bon salut capotero, avant deux rations de fer prises en brave, puis une entame bouillante avec trois cambios serrés depuis le centre, les genoux rivés dans le sable. Une faena à l’intensité croissante, toro et torero se grandissant à l’unisson, pour plusieurs séquences de grand son, vibrantes, qui portèrent indéniablement sur les travées. Final sur la courte distance, époustouflant de maîtrise et de sérénité. Espadazo. Deux oreilles et vuelta au toro.

L’ultime, haut et sérieux, était de ces toros avec lesquels l’on joue à pile ou face. Le Péruvien brinda à son père une faena dont l’intensité du combat fut palpable de bout en bout, dans une ambiance de chaos. Le torero de Lima essuya une dure voltereta mais revint tirer les marrons du feu, avec une raza torera d’un autre monde. Final haletant et conclusion par une lame entière lui ouvrant la Porte des Consuls.

Une après-midi qui a confirmé la délicate passe d’Alejandro Talavante, il est vrai moins bien servi par le tirage, mais qui n’a pas affiché une détermination très palpable, connaissant notamment pas mal de difficultés à l’épée. Abandon total devant le lourd quinto, après avoir dédié aux travées.

FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA

Arènes de Nîmes. Feria des Vendanges 2026. 4/5 d’arène. Grand soleil, vent léger. Corrida Carmen décorée par Muriel Goro. Toros de Victoriano del Rio (1.2 et 5), Jandilla (3 et4) et Toros de Cortes (6)

Présidence : Mme Lutchmaya assistée de Mr Nouguier et Mr Raoux

Poids des toros : 492, 540, 535, 509, 617, 619.

Cavalerie Heyral. 12 rencontres.

Le 4eme toro « Verbenero » n°44, castaño de 509 kg né en décembre 2021 a été honoré d’un tour de piste posthume

Alonso Mamani et Fernando Sanchez ont salué au 4e

Augustin de Espartina et Fernando Sanchez ont salué au 6e

Andres Roca Rey à brindé le 6e toro à son père

ALEJANDRO TALAVANTE (costume goyesque doré et brique) : silence après avis, silence et silence

ROCA REY (costume goyesque Bordeaux) : applaudissements, deux oreilles et oreille

Sobresaliente : Alvaro de la Calle

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