La Maestranza a retenu son souffle. Hier, dans  une Maestranza pleine a craquer, Andrés Roca Rey a une nouvelle fois écrit une page de son historie. D’une vérité brute. 

Face au cinquième toro de l’élevage Victoriano del Río, le maestro péruvien s’est livré sans retenue. Un animal exigeant, violent, brave, qui ne permettait ni l’erreur ni l’hésitation. Et Roca Rey n’a concédé ni l’une ni l’autre. Dès les premièrs muletazos, il a imposé son autorité, son sitio, sa loi. Un toreo de domination, construit sur la décision et l’engagement total, où chaque geste semblait dicté par une volonté supérieure : celle de régner.

La faena, âpre et intense, a pris des allures de combat. Roca Rey, en patron, a peu à peu pris la mesure de « Soleares », l’amenant là où il le voulait, l’obligeant à rompre, à céder. Mais c’est au moment de vérité, que la tarde prit toute sa dimension dramatique. En se jetant droit, avec le cœur et plus que ça. 

Deux coups de corne, spectaculaires, de 20 et 15 centimètres dans la cuisse droite. Un corps qui plie, sans vraiment rompre. Un toro qui bascule et deux oreilles, unanimes qui tombent. Récompense d’une faena d’entrega totale, brindée à Julian Lopez El Juli, de numéro 1 à numéro 1. Roca Rey hier, plus que de s’imposer par le sueur et le sang a justifier le rang qu’il s’est octroyer. Avec son épée et sa muleta. Por méritos proprios. En Figura. 

Ánimo, Mastro. 

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