La 14e novillada sans picadors de la Peña Taurina La Embestida de Bouillargues a vécu ! Et l’on espère que l’édition 2027 sera d’un bien meilleur calibre que sa grande sœur.

Il y a eu de tout et, en définitive, il a aussi manqué de tout pour que l’après-midi soit de celles qui marquent positivement les esprits mais une chose et non des moindres est à signaler, le courage et la sincérité des trois jeunes apprentis toreros venus se mesurer à des novillos le plus souvent sérieux, et en pointes, toujours, ce qui n’est pas chose des plus fréquentes même en corrida de toros…

La grande satisfaction revient au respectable, qui avait rempli l’enceinte locale, quasiment « hasta la bandera », récoltant peut-être les bénéfices de l’annulation de la corrida de Palavas, laquelle aurait pu lui soustraire une part non négligeable du public.

La première déception est venue du contingent ganadero, avec un bétail qui n’a pas, le plus souvent, répondu aux attentes, à l’exception du très bon cinquième, d’Alain Tardieu, et, à un degré moindre, du deuxième, de François André.

Dans l’ordre de sortie :

  • Servicioso, du Curé de Valverde : bien présenté, haut et armé, violent et faible.
  • Carbonero, de François André : gacho et fin, noblón.
  • Titino, de Blohorn : haut, épais et inharmonieux, compliqué.
  • Rastrillo, de Turquay : tout en tête, de corpulence modeste et juste de forces.
  • Maullon, d’Alain et Frédérique Tardieu : magnifique exemplaire qui, au regard de son tamaño, aurait pu concourir à l’étage supérieur. Doté de rythme et d’un grand moteur, il s’est également distingué par sa noblesse et sa classe.
  • Blofi, de Malaga : bien fait, sans excès, mobile, mais rapidement compliqué et cherchant la sortie.

Manuel Léon m’a paru être le novillero le plus aguerri. Hélas, l’élève de l’école taurine de Badajoz est tombé sur un lot qui n’offrait que de rares ouvertures, ses opposants du Curé de Valverde et de Turquay, d’une grande faiblesse, ayant sombré trop rapidement.

Mathias Sauvaire, quant à lui, hérita du meilleur lot, en tout cas du plus maniable. Il débuta devant un petit bonbon de François André, noble et doté d’une bonne corne gauche, dont le Provençal ne sut pas suffisamment profiter. Double échec à l’épée, avant de loger la lame dans la soute.

Le quinto, d’Alain Tardieu, fut ovationné à sa sortie pour son tamaño et sa présence. Réception agenouillée, avant une intervention de Rogelio Pajuelo au quite et un bon tercio de banderilles signé Marc-Antoine Romero.

Muleta en main, l’élève de l’École taurine José Cubero « Yiyo » de Madrid resta en deçà des grandes qualités de son adversaire, doté d’un grand moteur et de classe, qu’il fallait soumettre par le bas. Mathias y parvint par moments, mais l’ensemble manqua cruellement de continuité et de liant. Nouvel échec à l’épée, avant une lame hémorragique. Ovation au brave Maullon.

Rogelio Pajuelo débuta devant le Blohorn, bien reçu à la cape. Bon tercio de banderilles de Merenciano et Chino, qui saluèrent.

Muleta en main, le Sévillan eut globalement beaucoup de mal à baisser la main, mais distilla quelques bons mouvements, notamment à droite, face à un animal compliqué, chargeant à mi-hauteur. Débâcle à l’épée, le descabello fit son œuvre sur le gong.

De nouveau à l’aise avec la percale devant l’ultime, de Malaga, Rogelio Pajuelo signa une entame sublime à la muleta, toréant par le bas et concluant d’une belle trincherilla dont on pensait naïvement qu’elle donnerait le ton de la faena.

Hélas, face à un Malaga compliqué, notamment à gauche, et lorgnant vers la sortie, l’Andalou ne parvint jamais à trouver la bonne formule, laissant les travées sur leur faim…

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