La traditionnelle corrida des fêtes locales de Châteaurenard s’est déroulée ce mardi 4 août sous une chaleur accablante et pesante, qui n’aura épargné ni les hommes ni les toros. Cette course marquait la première corrida intégralement lidiée par la famille Vangelisti, sous le fer de San Sebastián.
Un lot correctement armé (plus court de tête le sixième) et d’une présentation honorable, avec notamment trois éléments supérieurs en tamaño et en armure — les troisième, quatrième et cinquième. Des toros dotés de fond et d’idées, mais qui n’ont malheureusement jamais eu la force nécessaire pour exprimer pleinement leurs qualités. Car si la noblesse a souvent été au rendez-vous, la faiblesse généralisée du lot a rapidement limité les possibilités et l’émotion.
Au cheval, tous ont été monopiqués. Les premier, troisième et cinquième sont allés franchement à la rencontre du picador, tandis que le sixième fut celui qui s’y est le plus longuement investi.
Présidence défaillante quant au nombre trop important d’oreilles décernées sans véritable critère. Sans pétition, la première fut octroyée à Ismael Martin. Une générosité excessive qui a quelque peu surévalué, sinon dévalorisé, l’ensemble de la course.
Les trois toreros ont tenté de tirer le maximum de leurs opposants, partageant notamment les tiers de banderilles dans un esprit de compétition mais surtout de compañerismo. Dans cet exercice, les Nîmois El Rafi et Nino Julian se sont montrés les plus en vue, tandis qu’Ismael Martin, parfois plus roublard, a alterné audace et facilité.
El Rafi a parfaitement accueilli son premier adversaire à la cape avant de tenter, muleta en main, d’imposer du rythme à un toro allant rapidement a menos. Entame par doblones bien sentis en gagnant le centre et bonne poursuite droitière. Le Nîmois a su compenser le manque de transmission du bicho par son engagement et sa volonté, le tout sans scories. À 14 contre 1 : oreille. Face à son second, plus mobile en début de combat, il a construit une faena soignée et esthétique, débutée par le haut mais là encore freinée par la faiblesse du cornu. Rafi fit fi de la condition de l’animal et donna le change avec autant d’aplomb que de certitudes. Une bonne épée, bien que longue d’effet, lui a permis de couper une oreille.
Ismael Martin s’est lui aussi montré appliqué à la cape avant une première faena intensément débutée par faroles de rodillas. Le toro cale, la faena et le maître du jeu avec. Son choix de prolonger les débats dans un registre de proximité n’a pas totalement convaincu, mais une épée efficace lui a offert une oreille… accordée sans même un début de pétition. Face au cinquième, le meilleur toro du lot, Ismael Martin débute par cambiadas. Le San Sebastián démarre fort au cite, il perd les mains mais la noblesse prend le dessus. Il se reprend, Martin se perd. La rupture n’arrive jamais, on reste en deçà. Deuxième partie de faena dans un registre arodillado plus racoleur. Entière poussée en arrière. Deux oreilles, la seconde généreuse.

Nino Julian, pour sa part, a dû composer avec un premier toro fort, haut et offensif, mais qui fut rapidement handicapé du sabot avant gauche et d’un antérieur droit s’étant raidi. Avec sang-froid et les idées claires, Nino Julian a su extraire tout ce qu’il pouvait avant de conclure d’une épée foudroyante, justement récompensée par une oreille méritée, celle-ci réclamée. Face au sixième, plus modeste mais investi et avec du fond, le Gardois a confirmé ses bonnes intentions. Cape en main avec deux largas afaroladas de rodillas puis capoteo de bon ton. Après un brindis personnel, il livra une bonne entame muletera, notamment sur le côté droit, poursuivant avec plus ou moins de réussite sur les deux ailes avant de raccourcir la distance, le bicho ayant baissé de ton. Double pinchazo dans l’endroit avant entière fulminante. Oreille généreuse mais récompensant l’investissement du Nîmois tout au long de la tarde.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes de Châteaurenard. Chaleur écrasante. 2/3 d’arène. 6 toros de San Sebastián.
Présidence : M. Michel Vion
Poids des toros : 490, 470, 520, 470, 460, 460
Cavalerie Bonijol. 6 rencontres.
El Rafi a brindé son deuxième combat au banderillero Morenito de Arles, récemment blessé.
Ismael Martin a brindé son deuxième combat à El Rafi et Nino Julian.
EL RAFI (bleu pétrole et or) : oreille et oreille après avis
ISMAEL MARTIN (blanc et or) : oreille et deux oreilles
NINO JULIAN (violet et azabache) : oreille et oreille


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