Reportée en raison des intempéries, la corrida prévue samedi dans les arènes Paul-Laurent s’est finalement tenue ce dimanche matin, aux pieds du château, sous un soleil agréable tempéré par l’ombre des platanes. Pour ce retour de la corrida dans sa dénomination formelle, et douze ans après la dernière, les arènes ont enregistré une belle entrée, puisque l’enceinte beaucairoise était occupée à plus des trois quarts de sa capacité, témoignant de l’attente du public.
Deux toros de María Guiomar Cortes de Moura, ronds et lourds, donnant du jeu, meilleur le quatrième. Et quatre toros de Calejo Pirès, dont le fer se présentait pour la première fois en France, correctement présentés et harmonieux. Aucun ne s’est véritablement dégonflé sous la morsure du fer, sans toutefois faire étalage d’une bravoure à toute épreuve. Tous furent maniables. Nobles les deuxième et troisième. Bravito et avec de la transmission le cinquième ; plus violent et d’une noblesse relative le sixième.
Le triomphe est revenu à Diego Ventura et surtout à Clemente, grand homme de la matinée avec trois oreilles légitimement coupées. Le Bordelais a imposé une tauromachie raffinée et engagée, dominant avec classe ses deux adversaires. Souverain à la cape — dont il usa pour un quite exquis — puis à la muleta devant le premier, Clemente signe une première faena au tracé harmonieux face à un manso mais noble cornu que l’Aquitain sut garder dans sa muleta. Faena au parcours gaucher du plus bel effet, conclue d’une entière trasera.
Clemente a ensuite atteint un sommet face au cinquième Calejo Pirès, agréablement roulé, noble et bravito malgré parfois quelques variations d’humeur intempestives. Brillant à la cape, le Bordelais joua de surprise en se chargeant lui-même de la pose des banderilles : trois paires en lieu et place. Les deux premières empreintes de torería, avec un parfum a la antigua, puis une ultime au quiebro le long des tablas, ponctuée d’une voltereta sans conséquence. Le passage du cornu par le callejón sema quelque peu le désordre avant d’être admirablement entrepris avec la flanelle. Clemente a signé une faena complète, inspirée et profonde, notamment sur la main gauche, avec la torería dont sa tauromachie regorge. Une faena pleine de sens et de détails, conclue d’une épée entière au deuxième essai, lui valant deux oreilles.
Diego Ventura, très attendu dans la plaine beaucairoise, signa une première prestation certes exposée mais un peu poussive et, de surcroît, mal conclue avec le rejón de muerte. L’affaire fut d’un tout autre calibre devant le bon quatrième, où le rejoneador lisboète a littéralement enflammé les arènes avec une faena spectaculaire, portée par une cavalerie d’exception et des poses très exposées. Double échec au rejón final, puis entière fulminante. Deux oreilles, la seconde généreuse.
De son côté, Pablo Aguado a laissé entrevoir de jolis détails, notamment à la cape et en début de faena, mais sans parvenir à construire une œuvre aboutie, malgré deux faenas plaisantes mais aux émotions limitées. Efficace à l’épée, l’andalou est resté sans la moindre possibilité de trophée.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes Paul Laurent, Beaucaire. Corrida des Fêtes. Plus de ¾ d’arène. Grand soleil. Toros de Maria Guiomar Cortes de Moura (1 et 4) et Calejo Pirès.
Présidence : Mr. José Garcia assisté de Mr. Guigue et Mr. Gomez
Cavalerie Heyral. 4 rencontres.
Clemente a brindé son deuxième combat à Mr Nelson Chaudon, Maire de Beaucaire.
Sobresaliente : David Saleri (noir sur noir)
DIEGO VENTURA (chaleco gris souris) : silence et deux oreilles
CLEMENTE (chlorophyle et or) : oreille et deux oreilles
PABLO AGUADO (vert menthe et or) : silence et ovation après avis



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