Les Arènes Francis San Juan de Lunel accueillaient ce samedi 18 juillet une corrida 100 % française, dans le sillage du succès rencontré à Nîmes par ce format mettant à l’honneur toreros et élevages hexagonaux. Un pari relevé par Maestria Organisation, partiellement réussi sur le plan de l’affluence, avec un peu moins de 2 000 spectateurs garnissant les gradins sous une chaleur écrasante.
Dans un ruedo étouffant, la course a offert un visage contrasté, reflet de la diversité de sept toros et sept toreros aux caractéristiques variées. Sept toros correctement présentés dans l’ensemble, supérieurs en tamaño et en armures pour les Fernay (3e) et San Sebastián (5e), avant un ultime d’Alain et Frédéric Tardieu, bas et très largement armé. Rond et court de tête, le Yonnet qui ouvrait le bal ; harmonieux, les Jalabert (2e), qui fut le plus brave sous le fer dans un ensemble monopiqué (exception faite du 7e), ainsi que les Pagès-Mailhan (4e) et Tardieu Frères (6e).
Andy Younes ouvrait les débats face à un toro marqué du fer d’Hubert Yonnet, dont on décelait rapidement un bon fond de noblesse, couplé à un manque de force lui aussi avéré. Andy Younes sut exploiter avec intelligence la condition du Yonnet qui, malgré un manque de transmission, permit à l’Arlésien de signer une faena intéressante au tracé plus profond sur la rive gauche. Hélas, un mauvais maniement de l’épée fit s’envoler tout espoir de triomphe.
Le Jalabert, bien fait, fut paré sans coup férir par Adriano, qui le confia ensuite au groupe équestre pour une dose prise en poussant jusqu’aux tablas. Un bon quite donna le ton des intentions du Nîmois, qui entreprit le Jalabert avec autant de technique que de certitudes. L’ensemble muletero connut ses meilleures séquences à droite. Sans véritable fausse note, l’affaire rencontra pourtant un soupçon de frilosité sur les travées. Entière lointaine et tombée au deuxième voyage. Oreille.
Dorian Canton tomba sur un toro de Fernay, armé et haut, appuyant d’emblée sur la pédale de frein, ce qui limita plus tard toute ambition. Le Palois brinda à Sébastien Castella une faena volontaire, mais ne put jamais réellement décoller, concluant néanmoins d’une épée sincère au deuxième voyage.
Devant le Pagès-Mailhan, Tibo Garcia mit d’entrée le bleu de chauffe, saluant l’arrivée du cornu par larga cambiada de rodillas, puis capoteo généreux. Une pique contenue, compte tenu d’une vuelta de campana incongrue. Entame tambour battant au centre par cambiadas dans le dos, avant une bonne poursuite droitière, auteur de deux tandas de bon ton au son chanté de « La Saeta ». Le Nîmois profita des grandes qualités de charge et de répétition de « Malasombra » pour instrumenter une faena précieuse, ornementée à gauche par les naturelles les plus profondes de l’après-midi. Final dans un terrain plus réduit, toujours avec pas mal de rondeur et de finesse face à l’excellence du toro de Jasses de Bouchaud. Un double pinchazo avant une entière létale priva le Nîmois de promener les deux pavillons qui lui étaient promis. Oreille et vuelta au brave « Malasombra ».
El Rafi déploya sa cape par un farol à la réception du San Sebastián, avant une poursuite capotera énergique. Tercio de banderilles enlevé et partagé avec Nino Julian, avant une entame muletera arodillada témoignant de la volonté du Nîmois. El Rafi profita de la bonne condition droitière du San Sebastián, noble, avec de la vibration bien qu’un chouïa distrait. Deux bonnes séries entonadas. Le passage gaucher fit nettement baisser les émotions, le San Sebastián déclinant, avant un retour droitier de moindre intensité. Pinchazo, entière tombée. Oreille.
Carlos Olsina fit bon usage de la percale devant un joli Tardieu Frères qui laissa entrevoir de bonnes choses. Muleta en main, le Biterrois s’est d’abord accordé avec la grande noblesse du Tardieu, doux et suave, légèrement tardo mais des plus agréables dans l’étoffe. Faena ambidextre d’un bon niveau dans sa première partie, avant que l’ensemble ne baisse de ton dans la dernière ligne droite. Déroute à l’épée.
Nino Julian hérita du garbanzo negro de la soirée, du fer d’Alain et Frédéric Tardieu, armé très large et affichant d’entrée une mansedumbre exacerbée. Deux piques, prises seul et en s’y défendant. Devant un adversaire impossible à fixer et fuyant à l’envi, Nino Julian se livra sans retenue dans des terrains compromis près des tablas et arracha au forceps quelques valeureux mouvements muleteros. Épée tombée au deuxième essai. Presque inespérée. Vuelta chaleureusement fêtée.
À l’issue de la course, les Clubs Taurins Lunellois remirent le prix du meilleur toro à « Malasombra » de Pagès-Mailhan, de façon indiscutable. Celui du meilleur torero fut attribué à El Rafi de manière plus contestable, car Thibault Garcia, auteur de la meilleure faena de l’après-midi, aurait largement pu — et dû — y prétendre.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes San Juan, Lunel. Corrida 100% française. Demi entrée. Chaleur caniculaire. Toros de Yonnet, Jalabert, Fernay y hijas, Pagès-Mailhan, San Sebastian, Tardieu frères et A & F Tardieu.
Cavalerie Heyral. 7 rencontres.
Vuelta au 4eme toro « Malasombra » n°218 né en avril 2022, negro de 485 kgs.
Adriano a brindé son toro à Hadrien Poujol, Dorian Canton à Sebastien Castella. Nino Julian a brindé à ses 6 compagnons de cartel.
La Marseillaise fut jouée à l’issue du paseo.
ANDY YOUNES (blanc et or) : silence
ADRIANO (rouge et or) : oreille après deux avis
DORIAN CANTON (tabac et or) : silence après un avis
TIBO GARCIA (rose et or) : oreille
EL RAFI (bleu canard et or) : oreille
CARLOS OLSINA (lavande et or) : silence
NINO JULIAN (violet et azabache) : vuelta







Commentaires récents