Proposée dans le cadre du Printemps de l’Aficion, la novillada sans picadors de ce dimanche constituait le point d’orgue de ce rendez-vous désormais majeur qui donne le coup d’envoi de la temporada nîmoise.

Une chambrée plutôt correcte (environ 1500 à 2000 spectateurs) à l’heure du paseo qui s’est déroulé sous un beau ciel bleu, dans la fraicheur et sous un vent soufflant en rafale, la température grimpant un soupçon en fin de course avec l’apparition d’un soleil bienvenu.

Pour l’occasion l’empresa locale avait sélectionné six erales provenant des ganaderias Barcelo (origine Marquis de Domecq) et Taurelle (Juan Pedro Domecq). Un ensemble au physique plutôt correctement roulé, supérieurs dans ce domaine les 4 et 5eme de Taurelle, à la charpente qui n’aurait pas dépareillé dans la catégorie supérieure. Dans l’ensemble les porteurs de la devise orange blanche et violette de Michel Barcelo furent les plus remuant, et offrirent le meilleur jeu notamment les 1 et 2 (vibrant et très mobile) et à un degré moindre le troisième puis l’ultime de Taurelle.

Chez les piétons, difficile de designer un vainqueur aux points. Tous mirent du cœur à l’ouvrage avec des fortunes diverses, toutefois et globalement sans grand brio ni succès. Nino Julian fut le seul à recueillir l’honneur d’une vuelta al ruedo chaleureusement fêtée devant les siens, même si, selon moi, une simple ovation aurait été plus justement de circonstance. Une après-midi dont le triste dénominateur commun fut le maniement médiocre des instruments létaux, tant à l’épée qu’avec les descabellos. Autant dire qu’il reste du boulot et l’on dira avec clémence que cela est assez logique, Rome ne s’étant tout de même pas faite en un jour…

Chez les subalternes, mention spéciale à Thomas Ubeda adroit et juste pallitroques en main et particulièrement efficace avec la percale.

Un bémol toutefois, et un gros, celui de voir un banderillero se permettre de clouer une paire de banderilles « al violin » au nez et à la barbe des alguaciles n’ayant pas sourcillé d’un iota alors que l’on venait de toucher du doigt un réel manque de sérieux, en costume de lumières et dans l’arène la plus importante de France. Comment exiger ensuite à la nouvelle génération de se montrer irréprochable…

Nino Julian donna le coup d’envoi de cette tarde printanière devant un eral de Barcelo qui contraria, avec l’aide d’Éole, la réception cape en main du torero nîmois. Quite par chicuelinas de Fabien Castellani au résultat inégal. Nino se chargea ensuite de la pose des banderilles avec une certaine aisance. Dernière paire au quiebro avec léger accrochage sans gravité aux tablas. Brindée à l’auditoire, la faena débuta par quelques doblones correctement sentis afin de doubler le fauve. Nino poursuivit ensuite par quelques échanges droitiers de correcte note. Le passage à gauche fut plus heurté, l’astado se révélant plus compliqué sur cette rive. Retour droitier accompagné par l’orchestre, le nîmois se retrouvant peu à peu sous la menace d’un Barcelo baissant de ton. Final par manoletinas avant demi-lame précédant une kyrielle de coups de verdugillo, le bicho se couchant à la limite du troisième avis.

Le Taurelle porteur du dossard numéro 4 fut applaudit à sa sortie pour son tamaño imposant et qui résulta compliqué à consentir à la cape. Quite avorté de Fabien Castellani avant tiers de banderilles à charge de Nino, sans réel brio. Le nîmois brinda à son ami El Rafi puis proposa une longue faena faite de hauts et bas face à un animal manquant d’allant et à la charge limitée. Faena d’intensité très inégale, comprenant quelques mouvements agréables égrainés au milieu d’autres bien moins aboutis. Nino fit preuve de beaucoup de volonté mais se montra imprécis avec l’épée. Demi-lame, entière en arrière puis nouvelle entière perpendiculaire et descabello pour conclure.

Fabien Castellani découvrait Nîmes devant un animal de Barcelo qui permit quelques mouvements de cape de correcte facture avant que Juanito ne vienne au quite, par chicuelinas, l’une d’elles particulièrement bien exécutée main basse. Muleta en main, le torero arlésien eu toute les peines du monde à canaliser les charges rythmées d’un Barcelo vibrant et très mobile. Fabien peina à enchainer et fut désarmé à deux reprises malgré quelques bons mouvements isolés. Entière en arrière et tendida suivie d’une flopée de descabellos.

Même sanction ou presque devant le quinto de Taurelle. Un animal peu armé mais haut et particulièrement musclé et lourd pour la catégorie. Difficile réception cape en main avant le malheureux épisode des banderilles cité plus haut. Faena globalement similaire à la première copie du garçon qui fit preuve de volonté, sans parvenir à tirer son épingle du jeu. Bis repetita avec les armes.

Le béarnais Jean Larroquette « Juanito » se présentait à Nîmes devant un eral de Barcelo correctement salué à la cape. Bon quite de Nino Julian avant faena brindée au public. Un trasteo sérieux par le protégé de Richard Milian face à l’animal le moins commode de la devise du Mas de Sire. Labeur majoritairement droitier qui peina à prendre corps avec continuité. Final par molinetes avant une lame plate au deuxième voyage occasionnant une voltereta sans gravité, puis l’usage du verdugillo.

Face au Taurelle le moins charpenté, Juanito se signala par un bon maniement de la percale avant que Nino Julian ne distingue à la cape sur un bon quite. Salut de Thomas Ubeda pour la pose de deux bonnes paires de banderilles. Le torero aquitain proposa ensuite une faena de correcte note, malgré le réveil brutal d’Éole et face à un eral doux mais au parcours limité. C’est sur la gauche que le benjamin du cartel édita les meilleures séquences, en laissant l’étoffe sous le museau du Taurelle lui permettant de dessiner les muletazos les plus sensibles de l’après-midi. Le garçon aurait pu prétendre a ravir un appendice sans un maniement médiocre de l’estoc. Trois pinchazos, mete y saca puis descabello sur le gong à un souffle du troisième avis.

En toute logique, le Trophée Nimeño II fut déclaré desierto.

FICHE TECHNIQUE DE LA NOVILLADA SANS PICADORS

Arènes de Nîmes. Printemps de l’Aficion 2022. 1500 spectateurs environ. 6 erales de Barcelo et Taurelle.

Présidence : Mr Daniel-Jean Valade

Les novilleros Fabien Castellani et Juanito se présentaient à Nîmes en costume de lumières.

Salut du banderillero Thomas Ubeda au sixième.

NINO JULIAN (rouge et or): silence après deux avis et vuelta après deux avis

FABIEN CASTELLANI (rouge cardinal et or): silence après deux avis et silence après deux avis

Jean Larroquette “JUANITO” (lilas et or) :silence après un avis et silence après deux avis.

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