Il s’appelait Kevin…
La fumée de sa vingt-deuxième bougie à peine évaporée dans le ciel de Camargue
Ce ciel qui parfois, dans sa plus grande fatalité, nous rappelle combien la vie est un bien précieux…
Son nom, Kevin ne l’avait pas encore en haut de l’affiche, mais luttait pour briguer ses rêves
Chaque après-midi, œuvrait de tout son cœur pour que brillant soit son destin…
En empruntant le chemin de ses aînés, de ses héros en tenue blanche
Kevin a trouvé la gloire éternelle
Nous rappelant à nous, simples mortels, ce que sont ces hommes
Qui au péril de leurs vies, convoquent les cieux, chaque après-midi
Pour notre plaisir à nous, afeciounas
Par passion surtout, avant tout.
Là où le cœur a plus de raisons que la raison elle-même….
Qu’ils soient voltigeur en Bolero
Gladiateur au costume de lumières
Où esthète au pompon blanc dans le crochet…
Ces garçons sont l’âme vive de nos cultures…
Et qui au nom d’une aficion, d’une fe di biou
Placent leurs vies entre les cornes de ses dieux taureaux que nous vénérons…
Eux qui ne sont avant tout qu’enfant, mari, ami
Drainant dans leurs sillages, toute l’anxiété et la fierté d’une famille vers qui vont toutes mes pensées
Aujourd’hui la Course Camarguaise perd l’un des siens
Mais c’est aussi la grande famille des tauromachies qui pleure l’un de ses enfants…
Dans la joie comme dans la douleur, unis nous devons être
Amateur que nous soyons de cornes en bas, de cornes en haut, à la corde ou emboulées…
Kevin Bruguiere s’est éteint hier, sur le seuil d’une gloire naissante…
Qu’il repose en paix.
Avec tout le respect d’une aficion meurtrie
Adessias Kevin.
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