Il y a des adieux qui se font sans bruit, mais avec tout le murmure du respect. Ce dimanche 12 octobre, Día de la Hispanidad de Las Ventas, désormais passé à la postérité, un homme de toros a tiré sa révérence sans un mot plus haut que l’autre, fidèle à la ligne de conduite d’une vie entière vouée à la tauromachie et au toro. Florencio Fernández Castillo, « Florito », a fait ses adieux après près de quarante années de service dans la plus importante arène du monde.

Né au sein même de La Caprichosa, les arènes de Talavera de la Reina, où son père officiait comme concierge de la plaza castillane, « Florito » s’essaya d’abord au toreo sous l’apodo du « Niño de la Plaza ». Ses débuts en novillada piquée, en 1977, eurent lieu dans les arènes qui l’ont vu naître. Une catégorie dans laquelle il officia durant quatre temporadas, raccrochant le costume sans avoir pu prendre l’alternative, après avoir roulé sa bosse, notamment dans la Vallée de la Terreur, et avec près de cinquante paseíllos au compteur.

Florencio Fernandez Castillo “Florito” alors “Niño de la Plaza” ici en 1977 aux côtés de Luis Reina et Maribel Atienzar avant ses débuts en novillada piquées, dans ses arènes de Talavera de la Reina. (photo Botan).

Les trastos définitivement rangés, « Florito » débuta comme mayoral “en chef” deux ans plus tard à Talavera après avoir exercé dans les arènes de Toledo, Almeria où Badajoz. C’est en 1986 qu’il prit ses fonctions de mayoral à Las Ventas, sous l’impulsion de Manuel Martínez Flamarique (Chopera).

Pendant près de quarante ans, comme mayoral mais aussi comme veedor, il fit des corrales de la première arène du monde sa maison. Sur les toros comme sur les hommes, « Florito » veilla avec ce mélange d’autorité naturelle et de pudeur. Sa silhouette, si familière dans le callejón, sa parole toujours mesurée, son regard attentif et son savoir-faire reconnu en faisaient une institution vivante, respectée de tous : toreros, ganaderos et aficionados.

Ce dimanche matin, à l’occasion du festival en l’honneur du maestro Antoñete, « Florito » est une dernière fois apparu sur le sable de « sa » plaza. Une ovation sincère l’a accompagné au moment de raccompagner le troisième novillo de Garcigrande vers les entrailles du vaisseau venteño, à laquelle « Florito » répondit d’un salut aussi discret que reconnaissant. Quelques instants suspendus, comme un remerciement collectif adressé à celui qui, dans l’ombre, garantissait depuis des décennies le bon ordre et le sérieux de l’enceinte madrilène.

Son départ fut à son image : sobre et discret jusqu’au bout. Ce qui illustre parfaitement la grandeur de l’homme : une vie entière dédiée au toro, sans tapage ni éclat, mais avec une rigueur et une élégance impérieuse.

Son empreinte restera indélébile. Son ombre et son nom aussi, puisque dès janvier 2026, c’est son fils à Álvaro – ingénieur aéronautique de formation – à qui reviendra le rôle de mayoral en chef de la Monumental de Las Ventas.

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