Sous un ciel voilé et une chaleur écrasante, les Arènes du Plateau de Valras, aux trois quarts pleines, ont rendu hommage à Sébastien Castella, comme il se doit pour les 25 ans de son alternative. En l’invitant à saluer à l’issue d’un paseo chanté long comme un jour sans fin puis après une désormais traditionnelle Marseillaise entonnée à l’unisson. Puis en le raccompagnant avec autant de chaleur que d’admiration par la Puerta Grande de ses arènes. Sa 18eme grande porte !

Toros de Garcigrande correctement présentés, armés sans excès, presque commodes. Insipides sous le fer, fades dans le dernier tiers, d’une présence limitée, faibles dans les grandes lignes. On a cherché la race et la caste…

Sebastien Castella débute devant un animal rond, noble mais fade, qui permit une faena bien construite, surtout droitière, toute en douceur et maîtrise, le biterrois soignant les quelques qualités de son adversaire avec une main de velours. A la mort, le Garcigrande se ferma et compliqua la sentence. L’épée basse et lente d’effet refroidit la présidence : silence après avis.
Le quatrième, mobile et plus tonique à sa sortie permit au maestro local de se fendre d’un bon maniement de la percale avant tercio de pique pour le règlement. Grande entame par pendule, séries liées sur les deux côtés avec une appétence plus marquée à droite, du temple et dominio du début à la fin, pour maintenir le cornu. Épée efficace, en toda ley. Deux oreilles bien fêtées dans une vuelta en communion avec son public.

Face à son premier, faible de coffre et de moral, peu pour ne pas dire pas piqué, Alejandro Talavante tira quelques séquences notables à droite dans un ensemble sans son, sans parvenir à enflammer les gradins. Vilaine atravesada.

Le cinquième lui offrit un triomphe majuscule, qu’il se gagna à la force de son poignet. Meli-melo capotero avec un peu de tout : farol, veroniques les mieux éxècutées. Du début agenouillé aux bernardinas finales, en passant par une arrucina inspirée, Talavante signa une faena de haut vol, variée, templée et inventive s’accomodant merveilleusement avec les qualités de mobilité d’un Garcigrande collaborateur. L’épée en place et sin puntilla libéra 2 oreilles. Belle résistance du balcon quant à une pétition de vuelta de derrière les fagots…

A côtés de ses illustres ainés, Carlos Olsina jouait gros. Il fut à la hauteur. Le garçon a montré beaucoup de sérénité, de calme et s’est investi pleinement face à deux adversaires dont le moral s’est rapidement éteint. Son premier, fade comme ses frères est préservé au cheval. Olsina débuta par cambiadas dans le dos avant de signer le meilleur de son œuvre à droite. Le toro dura un soupir et explosa en vol.

Le biterrois mis ensuite le feu sur une réception arodillada cape en main devant l’ultime avant de dédier son combat à Sebastien Castella. Entame tambours battants par rodillazos de belle note avant poursuite ambidextre de bonne composition, surtout à droite. Hélas le Garcigrande dura peu et c’est peu dire, malgré les airs de « L’Hymne à l’amour », le cornu n’avait plus le cœur à danser. Carlos Olsina s’accrocha avec beaucoup de cran et de ferveur jusqu’au coup d’épée final. Oreille chaleureusement fêtée avec les siens.

FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA

Arènes de Béziers. Feria 2025. ¾ d’arène. Chaleur, ciel voilé. 6 toros de Garcigrande.

Présidence : Mme Françoise Moulinier assistée de Mme Rouzier et Mr. Ventresque

Poids des toros : 543, 535, 550, 517, 515, 525.

Cavalerie Bonijol. 12 piques.

Sebastien Castella a brindé son premier combat à Robert Ménard, maire de Béziers et à son épouse

Carlos Olsina a brindé son deuxième combat à Sebastien Castella

SEBASTIEN CASTELLA(blanc peint et or bordé de rouge) : silence après un avis et deux oreilles

ALEJANDRO TALAVANTE(blanc et or) : silence et deux oreilles

CARLOS OLSINA(Nuit et or) : silence et oreille

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