Pour cette corrida de clôture de la Feria de Pâques, les Arènes d’Arles accueillaient les toros du fer portugais de Murteira Grave, un élevage dont les récentes prestations nourrissaient de légitimes espoirs. Si le lot présenté s’est révélé, globalement à la hauteur des exigences d’une arène de première catégorie il n’a toutefois que trop rarement embrasé les gradins de l’amphithéâtre romain.
Globalement, la course s’est caractérisée par une certaine tenue au cheval et, pour certains éléments, une dose de bravoure appréciable. Mais c’est dans le dernier tiers que les limites sont apparues : manque de fond, de transmission, et une fadeur progressive qui a freiné les grandes envolées.
Deux toros se détachent néanmoins : le cinquième, brave et doté d’une certaine classe, mais au capital force trop éphémère ; et surtout le sixième, le plus complet, noble, franc dans ses réponses, et offrant une durée supérieure. Le troisième, quant à lui, plus terne, imposait une lidia à mi-hauteur pour en tirer la meilleure expression.
Ce lundi de Pâques aura pris des allures de Lundi de Résurrection pour le Nîmois El Rafi. Après une saison 2025 difficile, le torero a su saisir l’opportunité qui lui était offerte en coupant trois oreilles et s’imposant comme le grand triomphateur de la soirée.
Face à son premier adversaire — le troisième de la course —, El Rafi mit du temps à entrer dans sa faena. Encore en quête de confiance, il peina d’abord à trouver le bon tempo, notamment sur la corne droite, moins évidente. Mais c’est sur le flanc gauche que les choses prirent une autre dimension : peu à peu relâché, il enchaîna plusieurs naturelles de bon aloi, conclues par une série finale de face, pleine d’engagement. Une estocade portée avec sincérité et efficacité lui permit la coupe d’une première oreille.
C’est ensuite face au sixième que le Nîmois franchit un cap. Plus sûr de lui, plus à son aise dès les premiers capotazos, il se montra également brillant aux banderilles. Mais c’est muleta en main qu’il se révéla pleinement. Sur la corne gauche, notamment, il signa trois séries de naturelles d’une grande profondeur, alliant temple et intensité. En parfaite harmonie avec un adversaire qui répondait avec franchise, El Rafi livra ses meilleurs moments, dans une connexion rare et sincère. Une nouvelle estocade en place, d’effet rapide, lui permit de couper deux oreilles.
Jesús Enrique Colombo confirma une nouvelle fois ses qualités spectaculaires, notamment aux banderilles, où il fit parler son sens du show avec des poses engagées et vibrantes. Mais sur tout qu’il est un véritable « matador ».
Son premier adversaire, dénué de fond, ne lui offrit que peu de possibilités. Avec professionnalisme, le Vénézuélien parvint néanmoins à en extraire quelques séquences méritoires, principalement sur la corne droite. Coup de canon !
Face au cinquième, un bon toro avec de la classe mais à la durée limitée, Colombo proposa une faena allant à menos. On pourra regretter un manque d’air donné en début de faena mais une fois encore, c’est à l’épée qu’il fit la différence : une estocade d’une exécution remarquable, foudroyante d’efficacité, lui permit de couper une oreille de poids. Colombo demeure, à ce titre, un toreor redoutable dans la suerte suprême.
Manuel Escribano fut le plus mal servi par le sort. Son premier, trompeur, montra des charges désordonnées, mêlant une pointe de bravoure à une absence totale de noblesse. Le Sévillan ne put jamais s’exprimer pleinement et se montra de surcroît maladroit à l’épée.
Son second adversaire, après une entame prometteuse sous le fer, s’éteignit rapidement à la muleta, multipliant les pertes d’appuis. Escribano dut abréger sans pouvoir construire.
FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA
Arènes d’Arles. Feria de Pâques 2026. demi arène. 6 toros de Murteira Grave
Organisation : LUDI Arles Organistion
Présidence : Mme Fernay assistée de Mme Hottemann et Mme Graillon
Poids des toros : 550, 545, 540, 560, 520, 555.
Cavalerie Bonijol. 12 rencontres
MANUEL ESCRIBANO (blanc et or) : saluts après deux avis et saluts
JESUS ENRIQUE COLOMBO (tabac et or) : saluts et oreille
EL RAFI (citrouille et or) : oreille et deux oreilles



Commentaires récents