Sous un grand soleil printanier, les Arènes d’Arles accueillaient cette deuxième corrida de la feria dans une ambiance des plus agréables. Le lot de Torrealta, était attendu après de longue années d’absence sur les bords du Rhône. Vers Arles, la devise andalouse a conduit un lot bien présenté, plus imposant notamment de tête dans sa première partie, pour un ensemble inégal, les 1, 2 et 5 manquèrent de fond, ce dernier avec ses exigeances tout comme l’encasté 4eme et le brave et vibrant 6eme, qui dura hélas peu. Sous le fer les plus prompts furent les 1, qui envoya le picador par delà sa monture, 4 et 6, braves, surtout à la première prise.

Daniel Luque ouvrit le bal avec un jabonero charpenté long à fixé à la cape et qui éjecta le lancier de service au deuxième voyage apres une première pique prise bravement. À la muleta le Torrealta ne proposa pas grand chose d’exploitable, mais il eut à faire à Luque souverain qui sut en tirer le meilleur notamment sur la rive droite. Faena aux émotions irrégulières conclue par luquecinas données dans un mouchoir de poche avant débâcle à l’épée. Deux pinchazos et entière en arrière.

Devant son second, le torero de Gerena démontra une nouvelle fois l’étendue de sa science torera pour construire une faena solide et technique face à un brave et exigeant Torrealta qui ne fut jamais simple à consentir mais néanmoins parfaitement calibré dans la muleta d’un Luque en maître du jeu. Un toreo juste, sans scories, lié et qui atteint son meilleur son sur une série gauchère de grande note. Estocodón d’école. Deux oreilles.

Emilio de Justo coupera une oreille de son premier adversaire après une estocade particulièrement efficace et portée avec beaucoup de cœur, valant à elle seule l’octroi du trophée. Auparavant le torero de Cáceres échafauda une faena technique mais inharmonieuse tant en tracé qu’en émotion. Meilleure à gauche notamment sur l’ultime tanda pieds joints par naturelles de face.

Son second, qu’il brinda à Morenito d’Arles s’avéra fade tout au long de sa vie publique, sans un brin de classe mais avec une exigeance bien palpable, ne permettant au cacereño qu’une faena technique par naturelles des deux mains, appliquées et faite d’empaque, mais l’ensemble manquant cruellement de son frôla l’ennui. Espadazo.

Le premier adversaire de Tomas Rufo, lourd et armé fut agréablement capté cape en mains. Tercio de piques sans grand style avant que l’animal ne se montre particulièrement avisé lors de la pose des banderilles, coupant plusieurs fois le terrain des banderilleros. Après une grande entame par doblones, le torero de Pepino va faire face à un adversaire exigeant, doté d’une corne droite particulièrement agressive et qui lui infligea sur une passe de pecho, une lourde voltereta. La suite sera plus fade et irrégulière par manque de rythme malgré la pugnacité d’un Rufo souverain avec l’épée. Un estoconazo en lieu et place valant l’oreille réclamée par la majorité.

Un Rufo que l’on retrouve ensuite particulièrelent tenace et patient face au joli jabonero sucio qui fermait la marche. Brave sous le fer, le Torrealta se montra brave et doté d’une charge ample et puissante, se jetant de tout son coeur dans la muleta de l’ibérique. Faena essentiellement droitière, d’un investissement plein mais au tracé inégal dans sa globalité. Deuxième partie de faena irrégulière avant final dans un terrain réduit portant sur les travées. Entière foudroyante au deuxième voyage.

FICHE TECHNIQUE DE LA CORRIDA

Arènes d‘Arles. Feria de Pâques 2026. 3/5 d’arène. Grand soleil. 6 toros de Torrealta.

Organisation : LUDI Arles Organisation

Présidence : Mme Hottemann assistées de Mme. Melani et Mme. Fernay

Poids des toros : 560, 545, 525, 530, 500, 535

Cavalerie Bonijol. 12 rencontres

Salut des banderilleros Sergio Blasco et Fernando Sanchez au 6eme

DANIEL LUQUE (lie de vin et azabache) : saluts après deux avis et deux oreilles après un avis

EMILIO DE JUSTO (grenache et or) : oreille et silence après un avis

TOMAS RUFO (framboise et or) : oreille et oreille

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