Sous une pluie persistante et dans un ruedo transformé en bourbier, la corrida de Clotilde Calvo a offert des émotions contrastées.

Ferrera ouvrit la tarde face à un toro corniabierto et mobile. Spectaculaire mais sans grand fond, son labeur séduisit le public avant que deux pinchazos et une entière ne limitent son succès à une oreille. Grièvement secoué au moment de porter l’épée, il gagna l’infirmerie, d’où il ressortit pour affronter le quatrième. Ce chorreado, aussi brave que pegajoso, l’obligea à se surpasser. Après un début lointain, il se redressa pour lier des séries profondes à droite, perdant toutefois les trophées avec l’épée puis repartant vers l’infirmerie, ovationné.

Escribano affronta un second toro sérieux mais moins mobile, qu’il sut comprendre avec rigueur et intelligence, concluant d’une entière qui lui valut une oreille. Le cinquième, plus fade et limité, ne lui permit guère plus qu’une longue faena appliquée, ponctuée d’une entière basse après avis. Il salua une vuelta.

Juan Leal, très engagé et motivé tout au long de l’après-midi, trouva face au troisième un adversaire brave et complet, doté d’un grand pitón droit. Après une faena solide et liée, il subit une voltereta sans gravité. Une épée défectueuse ne lui permit de couper qu’une oreille, alors que la pétition pour la seconde fut massive. Le sixième, un burraco tardo et limité de forces et de moral compliqua le liant de l’oeuvre de l’arlésien avec une tendance à chercher l’intérieur. Leal s’imposa par le cœur, serrant les terrains et s’exposant pour arracher, sous les averses, l’oreille du courage. Synonyme de Puerta Grande, la seule de la feria.

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